Capital & Financement

La Suisse a du capital. La question est de savoir où il va.

La prospérité suisse s’est construite par la formation de capital productif avant que la préservation du patrimoine ne devienne une spécialisation. La question stratégique est aujourd’hui de savoir si le capital continue d’alimenter les capacités productives qui créeront la prochaine génération de prospérité.

Perspective systémique • Capital & Financement • 4 juin 2026

La Suisse a du capital. La question est de savoir où il va.

La prospérité suisse s’est construite par la formation de capital productif avant que la préservation du patrimoine ne devienne une spécialisation. La question stratégique est aujourd’hui de savoir si le capital continue d’alimenter les capacités productives qui créeront la prochaine génération de prospérité.

Infographie sur la formation du capital en Suisse, la préservation du patrimoine et le renouvellement productif.

La Suisse est devenue prospère grâce à la formation de capital productif avant de devenir assez riche pour se spécialiser dans la préservation du patrimoine.

Pas l’inverse.

La prospérité suisse s’est construite sur :

  • le développement industriel
  • l’ingénierie
  • l’entrepreneuriat
  • les industries d’exportation
  • l’investissement de long terme

Mais aujourd’hui, le système financier semble de plus en plus optimisé pour préserver et réallouer la richesse existante plutôt que pour financer de nouvelles capacités productives.

Au cours de la dernière décennie :

  • la croissance du crédit aux PME est devenue de plus en plus adossée à l’immobilier
  • les marchés privés se sont fortement concentrés autour des buyouts et des stratégies matures adossées à des actifs
  • la banque privée suisse a subi une forte pression de consolidation et d’industrialisation

KPMG Switzerland montre, dans ses données longitudinales reprises dans Clarity on Swiss Private Banks, que :

  • les marges de revenu opérationnel se sont structurellement comprimées
  • la rentabilité conservée est restée limitée
  • les gains d’efficacité ont de plus en plus compensé la détérioration de l’économie des revenus au lieu de créer une nouvelle capacité de croissance

Même l’amélioration récente de la rentabilité a été largement portée par des revenus d’intérêt temporairement favorables.

La question n’est donc pas de savoir si la Suisse a du capital.

Elle en a clairement.

La question est de savoir où ce capital se dirige structurellement, si les PME sont découragées de demander un financement, si les banques prêtent de plus en plus contre des garanties et si les marchés privés optimisent de plus en plus les actifs existants.

qui finance alors :

  • le renouvellement industriel
  • les entreprises en phase de scale-up
  • la deep tech
  • la transition des infrastructures
  • le risque productif de longue durée ?

Car la préservation du capital et la formation du capital ne remplissent pas la même fonction économique.

Et à terme, les économies qui optimisent davantage la préservation que le renouvellement perdent leur dynamisme productif.

Sources