Ces dernières années, les caisses de pension suisses n’ont représenté qu’environ 8 % du venture capital en Suisse.
Il est tentant d’y voir simplement un appétit institutionnel limité.
Avenir Suisse avance une explication plus structurelle :
Les investissements en venture capital et en private equity exigent une expertise spécialisée, restent illiquides sur de longues périodes et entraînent des coûts administratifs plus élevés. En 2024, le private equity, venture capital compris, ne représentait que 1,5 % des actifs des caisses de pension suisses.
Ces contraintes sont économiquement compréhensibles. Elles soulignent aussi l’importance de ce qui se trouve entre l’épargne institutionnelle et les entreprises individuelles.
Un marché de capitaux profond exige des intermédiaires spécialisés capables d’évaluer et de porter des risques productifs difficiles, puis de les transformer en expositions d’investissement diversifiées, avec une gouvernance professionnelle : gérants de growth equity, fonds de venture capital de stade avancé, plateformes spécialisées de private credit, experts sectoriels et investisseurs chefs de file.
Le Swiss Scale-Up Report souligne une capacité domestique limitée précisément à ce stade, en particulier pour les grands tours de financement de croissance.
La question de l’intermédiation devient donc centrale :
La Suisse dispose-t-elle d’une capacité d’investissement spécialisée suffisante entre son épargne institutionnelle et les risques productifs générés par son économie de l’innovation ?
L’allocation des caisses de pension nous renseigne peut-être autant sur la profondeur de cette couche d’intermédiation que sur les caisses de pension elles-mêmes.