Capital & Financement

Les mêmes AuM peuvent avoir des économies très différentes

Les grandes, moyennes et petites banques privées ont converti la croissance des AuM en profit de manière très différente. L’écart tient au système qui acquiert, sert, tarifie, contrôle et monétise ces actifs.

Analyse • Capital & Financement • 2 juil. 2026

Les mêmes AuM peuvent avoir des économies très différentes

Les grandes, moyennes et petites banques privées ont converti la croissance des AuM en profit de manière très différente. L’écart tient au système qui acquiert, sert, tarifie, contrôle et monétise ces actifs.

Infographie montrant pourquoi des volumes identiques d’AuM peuvent produire des économies différentes selon les modèles opérationnels de banque privée.

Les banques privées suisses ont augmenté leurs AuM, mais la conversion de ces actifs en profit additionnel est restée faible. La question n’est donc pas seulement de savoir combien d’AuM le secteur a ajoutés, mais à travers quel système ces avoirs ont été acquis, servis, tarifés, contrôlés et monétisés.

Sous les chiffres agrégés, la situation varie fortement selon la taille des banques. Les grandes institutions disposent de l’échelle, mais l’impact des actifs supplémentaires sur le profit est resté limité. Les banques de taille moyenne ont fortement accru leurs AuM sans que la profitabilité progresse dans les mêmes proportions.

Les petites banques constituent l’exception dans les données 2021–2025. Elles forment le seul groupe de taille dans lequel les revenus ont progressé beaucoup plus vite que les coûts, avec un effet plus marqué sur le résultat.

Cela ne démontre pas que les petites banques sont intrinsèquement meilleures. Cela établit un point plus utile : un même volume d’AuM peut avoir une économie très différente selon le modèle opérationnel qui le gère.

Un portefeuille d’AuM peut créer de la valeur dans une institution et en consommer dans une autre. La différence tient au coût d’acquisition, au coût de service, à la discipline tarifaire, à la charge de conformité et de contrôle, à la capacité de la plateforme à changer d’échelle, à la profondeur de la relation et à la valeur vie client.

La composition des actifs compte également. Une consolidation d’avoirs de clients existants, des actifs de conservation à faible marge, des relations tarifées stratégiquement ou des actifs présentant un fort potentiel de crédit ou de mandat peuvent afficher les mêmes AuM tout en produisant des profils de revenus et de coûts très différents.

La discussion de direction devrait donc s’éloigner d’une croissance indifférenciée des avoirs. La croissance doit être jugée selon la qualité économique des actifs ajoutés et selon la capacité de la plateforme à les servir sans hausse proportionnelle des coûts et de la complexité.

Pour les conseils d’administration, la question n’est pas seulement de savoir si la banque grandit. Elle est de déterminer si cette croissance améliore la profitabilité, le levier opérationnel et la viabilité à long terme.

L’opportunité consiste à la fois à dégager davantage de valeur des AuM déjà servis et à appliquer plus de discipline aux actifs que la banque choisira d’ajouter ensuite.